par Samia Aissaoui

Ce qui m’a conduite un jour à prendre le bâton pour aller explorer « la voie du chercheur spirituel » c’était cette anxiété, ces angoisses et ces peurs qui survenaient toujours après ces périodes de joie intense. On a dit que c’était lié aux différentes mémoires parentales, familiales, sociales ou karmiques. Etait-ce vrai ? En tout cas, j’y ai cru, mais je ne sais plus. Peut-être juste dans l’expérience de la croyance. Des programmes auxquels je me suis accrochée pensant être la seule possibilité inconsciemment.

Toute ma vie, j’ai vu ces états de mal-être me plomber, me couper de mes élans. Ces phases yoyo régulières me poussaient en permanence en quête de la raison. Même si cela ne durait jamais très longtemps, je n’acceptais pas leur présence, rejetant chacun des tourments et supplices. Alors, il me fallait constamment trouver des solutions pour m’en débarrasser afin d’accéder à cette paix, cet amour et cette lumière dont tant de mouvements spirituels prêchaient. Il fallait débusquer ce bonheur et cette abondance à tout prix, prônés avec ferveur par toutes ces personnes qui se disaient éveillées.

J’ai voyagé durant des décennies dans ces investigations, essayant de me frayer le chemin vers ces états extatiques sans vraiment trouver le moindre recueil. D’expériences en expériences, j’ai croisé multitude de guides et d’enseignants avec à chaque fois des outils différents pour accéder à Soi. J’ai testé un tas de thérapies, en permanence à l’affût de la moindre nouveauté, dans le seul but était d’en finir avec cette persistante douleur intérieure qui venait trop souvent gêner mon quotidien quand il ne fallait pas. J’avais tout tenté pour exorciser ce marasme psychique, tournant dans un cercle vicieux jusqu’à ce qu’un jour une brèche pulvérise une cinquantaine d’années d’illusion me plongeant dans une intensité de souffrance jamais égalée.

Pourquoi durant ces nombreuses années de travail sur moi-même n’ont-ils rien donné, si ce n’est des courtes périodes d’accalmie entre deux vagues, qui me conduisirent finalement à la plus grande souffrance que mon humanité est jamais atteinte?

Parce que la solution n’était pas là où je la cherchais. J’avais juste passé tout ce temps à fuir ce qui était là sous mon nez. Je voulais un état qui ne pouvait jamais arriver là de là où je me regardais. En réalité je n’avais pas à changer quoi que ce soit de ces expériences. J’étais tellement aveuglée par des mécanismes inconscients que je ne voyais rien de cette présence permanente pensant tout savoir et comprendre la vie avec ma tête.

Finalement voulais-je vraiment trouver la solution? Ou étais-je si inconfortable dans un semblant de confort pour y rester le plus possible ? Ou continuer à me perdre dans ce jeu de l’ego qui donnait l’illusion d’être sécurisant? Est-ce que je cherchais vraiment la vérité ou un père et une mère pour me rassurer ? J’étais tout simplement dans ces expériences d’égarement dans ces chemins de traverse quand la voie directe était là disponible depuis toujours.

Je découvris plus tard que tout était conscience en expérience de croyances. J’avais cru que c’était par là que j’allais enfin trouver le salut et découvrir la clé de tous ces maux. Que de leurres et d’histoires me suis-je entendue raconter, et que des tonnes de croyances incrustées juste pour donner à l’égo un peu plus de force alors qu’il était déjà bien chargé.

C’était ce qui devait se vivre, jusqu’à ce jour ou le corps à flanché m’incitant à tout arrêter. C’était le début de la fin d’un voyage où je dégringolais d’un piédestal construit de toutes pièces au gré de toutes ces années à accumuler un semblant de savoir.

Tous ces effondrements, ces croyances, ces conditionnements, ces histoires que je me racontais si bien, ces leurres et j’en passe, tout cela partait en vrille. tout échappait au contrôle du mental qui savait pourtant si bien tout maîtriser jadis. Tout disparaissant dans ces vagues de désespoir quotidien.

Rien n’allait plus, le corps cédait, l’activité professionnelle périclitait, les nuits à agoniser d’angoisses, les peurs et paniques jaillissaient lorsqu’une facture n’arrivait mais dans l’incapacité de l’honorer par manque d’argent. J’entrais dans la vastitude du vide.

Je m’étais isolée du monde, tel un animal blessé. Seule, là, allongée sur mon canapé avec pour compagnie, la solitude. J’étais à terre, je ne savais plus qui j’étais ni comment me relever. Tout ce que j’avais cru savoir s’envolait. Tout se noyait dans ces flots de larmes échappant à tout contrôle et à tout raisonnement. J’étais là à observer la mort me prendre tout ce qui me restait d’effort jusqu’à ce que tout soit absorbé par la vacuité.

Ici ,dans cet espace ,je réalisais enfin le film dans lequel je venais de jouer. Un scénario si bien écrit par la conscience qui se reconnaissait enfin en chaque chose, en chaque vivant, en chaque événement…Rien qu’elle et uniquement Elle.

J’avais arrêté toute aide extérieure plusieurs mois déjà. Le constat est qu’aucune thérapie, aucune technique, aucun soutien ne pouvait venir de l’extérieur et répondre à ce qui se vivait là. J’étais seule sur mon radeau pris dans l’ouragan. Rien, absolument rien ne pouvait éviter le naufrage que de lâcher la bride à laquelle je me raccrochais pour sombrer et m’abandonner à ce qui Est.

Même si toutes les voies mènent à Soi, il y a celles qui conduisent vers le labyrinthe de la recherche de l’Eveil jusqu’à ce qu’un jour la porte soit débusquée souvent après un passage de souffrance, mais il existe aussi celles y mènent directement sans passer par autant de chemins de traverse.

Laquelle choisissez-vous ?

Le temps n’existant pas, tout est vécu dans ce seul et même instant qui existe mais chaque voie est parfaite pour celui qui l’explore.

Ici aucun chemin n’est bon ou mauvais, parce qu’il n’y a en réalité aucun chemin, juste la conscience qui s’attribue un rôle tel un avatar, dont le scénario du film a pour but de se débusquer en tout. Comme elle ne peut se voir et se goûter, elle crée mainte forme pour se reconnaître.

Source: http://samia-aissaoui.com/

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