Archive quotidienne de la PG

par Christian Duval

Dommage, vous ne pensez pas qu’en ce jour Halloween nous nous cachions le visage derrière un masque macabre en pensant ainsi éluder notre peur de mourir. Pendant toute l’année, nous portons sans cesse des masques pour vivre nos relations, nous avons peur de la transparence. Alors peut-être serait-il plus judicieux en ce jour de faire tomber tous les masques, y compris notre masque macabre afin de pouvoir fêter la vie tant qu’on est encore vivant. Voici une petite histoire pour dérider les neurones:
Wydyr

Un jeune garçon dont le métier consistait à faire rire les gens afin de leur dérider les neurones, rencontra par hasard, un soir, l’ange de la mort qui hantait souvent le cimetière situé à proximité de sa demeure. Il n’avait pas peur de la mort,cependant il n’était nullement désireux de la rencontrer ou de se faire attraper par elle. C’est elle qui engagea le dialogue :

– Bonjour jeune homme, alors comment va la santé ?

– çà va !, du moins çà allait avant que je vous rencontre car si je ne me trompe vous ne vous déplacez pas pour rien !

– C’est vrai mais je ne viens que lorsqu’on me demande de venir, ce n’est pas moi qui décide.

– Ce n’est pas ce qu’on dit dans le village. Votre réputation vous précède. Vous venez toujours quand on ne vous l’a pas demandé.

– Si tu écoutes les commérages, tu n’es pas sorti de l’auberge mon vieux ! Je ne viens jamais sans prévenir et uniquement quand vous me le demandez.

– Tu radotes, c’est rare les gens qui souhaitent ta visite !

– Pourtant, ils font tout ce qu’il faut pour que je vienne.

– Je ne comprends rien à ton charabia.

– Quand une âme se sent prisonnière d’un corps qui ne veut plus lui obéir, elle m’envoie un SMS, alors j’envoie mon messager « maladie » pour que le corps sorte de sa léthargie et serve à nouveau les plans de l’âme. Quand un homme est triste, dépressif, que son ciel semble plein de nuages qui lui cachent le soleil, ses cellules se contractent, la vie ne peut plus circuler et seule une maladie peut permettre un changement bénéfique.

– Comment la maladie peut- elle être bénéfique ?

– Elle est plus efficace qu’un bon café. Tout malade se dit toujours que lorsqu’il ira mieux, il changera sa façon de vivre car il espère retrouver la joie de vivre.

– oui ! Mais certains meurent.

– çà, c’est quand le malade ne se remet pas en question ou qu’il est trop tard pour faire marche arrière. Alors la maladie empire et j’interviens pour le recyclage.

– le recyclage !

– Eh oui ! Je récupère la disquette de l’âme (celle qui contient tous ses rêves) et je laisse le reste pour les asticots qui vont festoyer .Puis j’insère la disquette dans un nouveau fœtus et tout recommence.

– Donc il n’y a pas de solution pour éviter cela ?

– Définitive non ! Mais tu peux toujours prolonger ta vie.

– Ah oui et comment ?

– En riant chaque jour ! En cultivant la joie de vivre malgré les difficultés. La joie dilate les cellules et le corps reste jeune et l’âme peut alors l’utiliser et t’as vu mon faciès , je n’ai pas vraiment l’air de quelqu’un de rigolo non ! Alors quand tu ris, je ne viens pas !

– Alors je ne comprends pas pourquoi tu viens me chercher moi qui ris et fais rire les gens ?

– Je ne viens pas te chercher mais te demander d’être mon ami. Tu sais, je n’en ai pas beaucoup malgré mon sourire perpétuel.

– Tu me demandes un drôle de truc ! Devenir l’ami de la mort. Mais pourquoi ?

– Parce que j’ai trop de boulot, il y a trop de gens tristes, trop de suicides, de malades, de déprimés, je suis surchargé de boulot et j’ai besoin d’aide.

– Mais comment puis-je t’aider?

– En continuant à faire rire les gens. Tous ceux que tu mets en boite, je n’aurai pas à les mettre en caisse. Celui qui meurt sans avoir ri et aimé à vécu pour rien. Transmets leur ce message, raconte leur notre rencontre, dis- leur d’être plus légers, plus spontanés, plus fous de joie, et je te promets que tous ceux qui garderont leur âme d’enfant vivront longtemps et pourront réaliser leurs rêves.

– Oui mais çà ne veut pas dire qu’ils n’auront plus peur de toi.

– çà je le sais mais tant pis ! Tu sais, tout vrai guerrier est conscient que je suis toujours à ses côtés mais que je n’interviens jamais avant l’heure et ainsi il n’a pas peur de moi. Je suis partout et tant qu’un humain me fait rire, je le laisse en vie..

C’est ainsi que le jeune homme continua son périple accompagné de son amie invisible: la mort.

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Christian Duval

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